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L'ours polaire et le droit

L'ours polaire et le droit
par Jean Marc Neumann le 2 décembre 2020

Animal emblématique de l'Arctique, animal totémique "Nanuk" pour les inuits, animal érigé en symbole des conséquences du dérèglement climatique, l'ours polaire fascine par sa beauté et sa capacité d'adaptation à l'un des environnements les plus hostiles de la planète.

Contrairement à la plupart des grands prédateurs, il ne fait pas l'objet de rejet des populations des régions dans lesquelles il évolue. Sa présence est largement acceptée et même défendue.

Sans doute le vaste territoire qui est le sien (plus de 14 millions de km2) lui permet-il de ne rencontrer que rarement l'homme et ainsi d'éviter des conflits récurrents susceptibles de remettre son existence en cause.

Après une présentation du plantigrade, de l'état actuel de sa population et de ses conditions de vie, le livre fait le point sur l'état de conservation de l'espèce (c'est à dire le niveau de menace pesant sur elle).

L'ours polaire bénéficie à la fois d'un statut de conservation international de l'UICN et de statuts de conservation nationaux hétérogènes.

Au-delà de la conservation de l'espèce qui mesure l'état de santé de l'espèce, cette dernière bénéficie également d'instruments juridiques multiples permettant d'en assurer la protection contre les menaces susceptibles de la mettre en péril.

Cette protection est assurée par :

des conventions internationales : la CITES (Convention sur le Commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction) plus connues sous le nom de Convention de Washington, la CMS (Convention sur la conservation des espèces migratoires appartenant à la faune sauvage) ou convention de Bonn, la Convention sur la diversité biologique appelée également convention de Rio ;
des conventions de gestion de l'espèce : l'accord international de 1973 dit "accord d'Oslo" ainsi que des accords et protocoles d'entente bilatéraux ;
des règlementations nationales au Canada, Danemark (Groenland), Etats-Unis, Norvège (Svalbard) et Russie.
Ces outils de conservation et de protection ont été mis en place après que l'espèce eut été menacée de disparition en raison d'une chasse intensive menée entre le milieu du XIXème et les années 1960. Il ne subsistait plus alors que quelques 5'000 individus dans le monde.

L'avenir de l'ours polaire était à tel point compromis que les états riverains de l'Arctique, y compris les Etats-Unis et l'ex-URSS en pleine guerre froide, ont réussi (à l'initiative des scientifiques qui avaient alerté les gouvernements respectifs) à conclure un accord multilatéral de protection de l'ours polaire dès 1973 à Oslo.

La protection de l'espèce devenait ainsi en deuxième partie du XXème siècle un impératif et une urgence justifiant la mise en place de nombreux instruments juridiques de conservation et de protection.

La menace qui allait conduire l'espèce vers l'extinction était la chasse intensive dont l'espèce était l'objet ; celle-ci a pu, fort heureusement, être écartée par les mesures prises par les états riverains n'autorisant en général (sauf la Norvège qui interdit toute forme de chasse) la chasse qu'aux seuls peuples autochtones. Seul le Canada permet la chasse au trophée.

Entretemps, d'autres menaces sont venues au fil du temps assombrir à nouveau l'avenir de l'ours polaire, toutes d'origine anthropique.

Si la plus connue est celle liée au dérèglement climatique, il en existe, hélas, d'autres telles la pollution, l'exploitation des richesses dont regorge l'Arctique, l'ouverture de nouvelles routes maritimes, le développement du tourisme…

L'espèce, selon certains scientifiques, est susceptible de disparaitre d'ici 2100 (à l'exception des populations résidant dans les zones les plus septentrionales du globe). Il est donc urgent d'agir.

Le livre aborde également la captivité de l'espèce dont la légitimité est justifiée par les zoos au nom de la conservation de l'espèce et de la sensibilisation du public à la protection de l'environnement alors qu'il s'agit d'une exploitation essentiellement mercantile de l'image de l'animal.

Les ours polaires, plus particulièrement les oursons durant leurs six premiers mois, sont ainsi devenus de véritables "cash machines" générant de juteux profits. L'exemple de l'ourson Knut du zoo de Berlin (décédé tragiquement en 2011) est à cet égard particulièrement emblématique. L'ourson avait même été au cœur de deux procédures judiciaires évoquées par le livre.

La captivité ne sauvera pas l'espèce. Un animal né en captivité n'ayant pas été "éduqué" (notamment à la chasse et à côtoyer ses congénères) par sa mère ne peut être introduit dans la nature. De surcroît quel est l'intérêt de constituer une réserve de gènes si la banquise disparait ?

L'ouvrage brosse le portrait sans concession d'une espèce plongée au cœur d'enjeux écologiques, culturels, politiques, économiques et géopolitiques protéiformes.

La conservation de l'ours polaire représente aujourd'hui un défi immense pour l'homme. En prenant les mesures difficiles mais nécessaires pour sauver cette espèce, il préservera également l'avenir de toutes les autres espèces et le sien.

Ce formidable défi suppose la mise en place d'actions fortes et urgentes par tous les états (et pas uniquement ceux abritant des populations d'ours polaires) ainsi que la mobilisation de tous les acteurs économiques et des citoyens.

"L'ours polaire et le droit" est publié aux éditions L'Harmattan dans le cadre de la collection "Zoosémiotique" et préfacé par Astrid Guillaume, Sémioticienne et Maître de conférences à la Sorbonne.
décembre 2020

https://savoir-animal.fr/lours-polaire-et-le-dr...

Auteur concerné :

Jean-Marc Neumann


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